Divers(es)

Une amie d'enfance, retrouvée au moment de l'enterrement du père, en 1982, et depuis revue une fois, et faisant signe de loin en loin, m'écrit en post-scriptum :

« Je t'envoie aussi l'image matinale d'un Yvan, descendant seul la route de Mauroc, apparaissant dans la lumière fragile d'un réverbère incertain, puis disparaissant dans l'ombre feutrée d'une rue désertée par les voitures... avant que ne s'installent des dos d'ânes, des zébras, et que sais-je encore, destinés à freiner l'allure vrombissante des voitures et donc avant que ne change définitivement le profil de cette route. »

Une image qui s'efface, qui disparaît au moment qu'elle apparaît, qui n'existe presque pas au présent et plus du tout au passé, engloutie avec l'aspect même de la route.